Ce que j’ai trouvé dans la trilogie du Siècle de Ken Follett.

Tout d’abord, une saga historique mâtinée d’espionnage se déroulant de 1911 à  2008  au travers de personnages clefs idéalistes ou sulfureux, politiquement engagés ou indifférents, cultivés ou ignares , égoïstes ou désintéressés, sexy ou pas, humains ou monstrueux …, – une histoire à hauteur d’homme en somme.

Ken Follett utilise tout ce qui peut servir sa narration: les correspondances, les mots des soldats, les mémoires et compte rendus des officiers pendant les deux déflagrations mondiales , les analyses diplomatiques et stratégiques aux détails les plus infimes  qui ont accompagné le XXème siècle, non seulement en Grande Bretagne mais également en Allemagne, Russie et Grande Bretagne ( Pays de Galles et Angleterre) et qui provoquèrent la mort de dizaine de millions d’hommes. Le tout mêlant histoire sociale, politique, économique et psychologique ( et j’ajouterai sexuelle!). Une tradition d’histoire narrative chère aux historiens britanniques depuis le XVIIIème siècle ( Edward Gibbon), continuée de nos jours par deux historiens anglais, Anthony Beevor et Ian Kershaw.

J’y ai  trouvé un auteur maîtrisant la technique narrative de façon incomparable: un découpage de scènes au cordeau avec de nombreux dialogues qui donnent une dimension au temps réel, un sommaire avec ellipses qui permettent une mise à distance du temps réel, des descriptions qui font revenir le lecteur au temps réel du propos.

Enfin, J’y ai trouvé une technique romanesque efficace: chapitres découpés en une multitude scènes courtes pour ne pas lasser le lecteur, une écriture sans fioritures pour une visibilité maximale ( c’est peut-être cette écriture qui a été assimilée à de la littérature facile, voire de gare que les anglais appellent littérature d’aéroport 😉   ) , mais aussi une écriture qui pourrait parfaitement être adaptée par des scénaristes du 7ème art. Ce ne serait pas surprenant que le cinéma s’empare de cette trilogie. 

Tout ceci étant dit, je reste convaincue que les trop nombreuses scènes de sexe qui parsèment de bout en bout la trilogie participent au succès populaire de la trilogie. Etaient-elles nécessaires en si grand nombre? Pas sûr mais l’objectif d’un auteur n’est-il pas de faire vendre le maximum de livres, quitte à jeter un oeil par le trou de la serrure, crûment parfois. C’est si fréquent de nos jours! Rappelons tout de même que Ken Follet est un auteur populaire aux quelques 150 millions de livres vendus dans le monde 😉 et il sait s’y prendre 😉 

Je dois dire que la lecture de ces livres a été hautement addictive  tant par leur contenu que par leur langue d’origine 😉