Film à voir absolument: Timbuktu du réalisateur mauritanien Abderrahmane Sissako

Je suis sortie sonnée du cinéma hier soir. Je n’arrivais pas à m’extraire de la barbarie hallucinante perpétrée par  des fous extrémistes islamiques au Mali.

Dans les journaux télévisés, les images récurrentes des exactions jihadistes dans ce pays martyrisé peinent (faute de pouvoir s’y identifier)  à transmettre la tragédie d’un peuple livré à la terreur de psychopathes se réclamant d’un islam dévoyé, meurtrier dont l’une des préoccupations majeures est de le réduire en esclavage au nom d’une  charria sinistre en prononçant des sentences aussi absurdes que tragiques. Ce film réussit, là où les images d’actualités  télévisées  font un flop!

 Un commentaire sur le film d’un spectateur résume parfaitement de quoi ce film est porteur:

” Timbuktu m’a renvoyé avec intensité, beauté et vérité à ce que le Sahel a d’incomparablement humain. La splendeur des paysages, des femmes ou du ciel est un absolu qui renvoie au néant l’insupportable intrusion des brutes d’Aqmi. Le film les montrent pour ce qu’ils sont, veules, incultes, arrogants, menteurs, absurdes, concupiscents, méchants… Ce serait presque un remake de “seven” les sept péchés capitaux étant comme tour à tour incarnés par des scènes justes et accablantes. Pauvres Maliens livrés par l’impéritie du gouvernement à Bamako à la plus injuste des oppressions. On se prend à espérer l’arrivée des soldats français de l’opération Serval tant leur vie est insoutenable. On évite pourtant de sombrer dans l’islamophobie grâce à plusieurs séquences très inspirées avec le cheikh de la mosquée de la ville. Un film grand par sa beauté, par sa sagesse, par son témoignage exigeant sur la sinistre farce qu’est Aqmi. A voir absolument.

l’Académie des arts et techniques du cinéma ne s’y est pas trompée en décernant au film 7 Césars dont celui du meilleur film :