En passant par la capitale autrichienne … ( 5 )

Après palais et château, direction le musée de  l’Albertina. Ce musée fait partie du palais de la Hofburg ( avec visite de l’hôtel particulier des Habsbourg possible)  mais ce n’était pas cela qui nous intéressait.

Il faut en gravir des marches pour faire cette photo!
Il faut en gravir des marches pour faire cette photo!

En chemin, nous avons rencontré Goethe ( dans la Goethegasse, encore un mot que j’ai appris. Gasse = allée et c’était une allée!) car il ne fut pas aisé de localiser  ce musée à partir du quartier des Musées. Quand je vous disais que la Hofburg est un quartier, je ne suis pas loin de la vérité. Mes pieds le savent, eux! Personne ne passe par là, sauf nous 🙂 Il existe un chemin plus facile qui évite de gravir des marches terribles pour les orteils! Nous ne l’avons pas débusqué :- (

P1110652

Ce qui nous attirait en ce lieu était une exposition temporaire dédiée au peintre graveur norvégien Edvard Munch. Nous savions que nous verrions  une version originale du “Cri “que nous connaissions depuis longtemps par représentations et posters interposés. 

Nous avons vu la version originale, réalisée au crayon en 1893. La plus angoissante! Aucune couleur  ne vient apaiser l’effroi qui s’en dégage!

Munch_The_Scream_lithography

Nous avons parcouru toute l’exposition et avons attentivement regardé et essayé de comprendre ce que cet artiste voulait nous dire! Eh, bien, nous ne fûmes pas déçus du voyage. L’exposition, très didactique au demeurant, présentait  surtout La frise de la vie, inspirée largement de la vie de l’artiste. Quelle vie de cauchemar que cet homme a eu: perte de sa mère dès la plus tendre enfance, confronté à la maladie de sa soeur touchée par la tuberculose.

Munch_Det_Syke_Barn_1885-86

Peintre des états d’âmes, de l’ isolement psychologique, du malaise et du goût du morbide.En cela préfigurait-il ce que le XXème siècle allait donner en dessinant le Cri dont 5 versions furent peintes entre 1893 et 1917, la dernière en pleine  tourmente mondiale)? Cet effroi, cette incrédulité paralysante devant le chaos du monde, ce geste d’impuissance représenté par les mains entourant le visage comme lorsqu’on ne peut croire à un si terrible destin. Je n’ai pu m’empêcher de penser aux deux guerres mondiales qui ont décimé tant de gens. Epouvante, horreur, désarroi … 

Ecoutez et regardez  le commissaire de l’exposition en parler: Cliquez: c’est en anglais mais vous verrez une grande partie de l’expo. Je n’ai pas pu prendre de photos, ayant joué le jeu de laisser mon appareil aux vestiaires ( que les autrichiens appellent garde-robe 🙂   ) . Je n’aurai pas dû être si civique! D’autres ne se sont pas gênés avec tablettes et portables! Grrrr ! Pourquoi ne les a-t-on pas rappelés à l’ordre: les dessins exposés sont fragiles!

Ce que j’ai pensé de cette expo:

  • Formidablement documentée et avec une volonté de transmettre des connaissances à un large public ( je le signalais plus haut dans cet article)
  • Munch était vraiment un être perturbé psychologiquement.Ses tourments l’ont mené dans un asile psychiatrique pendant 8 mois pour alcoolisme, ce qui n’était que la manifestation de son mal-être intérieur. Celà ne l’a pas empêché de vivre jusqu’à 80 ans!
  • Sa relation à la femme et à sa chevelure de pieuvre ( de nombreux tableaux la décrivent ainsi) m’ont fait penser à une éducation rigide ( il a été élevé dans un milieu piétiste rigoriste) concernant la relation à l’autre sexe, relation empreinte de culpabilité. Nulle référence à ceci dans l’expo. Dans la ville de Freud on ne peut s’empêcher de penser qu’il aurait eu besoin d’une psychanalyse poussée. 
  • L’oeuvre présentée ici provoque un malaise  que  le spectateur attentif prend à son compte . Seul un tableau peint à Paris montre un peu de gaité ( danseuses de French Cancan)

  • Je fus très soulagée de sortir de l’expo pour aller prendre un bol d’air chez Impressionnistes et chez Picasso dont la femme au chapeau vert m’a fait sourire quand j’ai lu ce qu’un critique d’art de l’époque (1947) écrivit. Je cite de mémoire: ” si les femmes devaient ressembler à cela, l’humanité se dépeuplerait” 🙂 🙂

2013

 

P1110657

P1110653