Clementine Churchill. La femme du lion.

Une amie, connaissant mes grandes affinités avec la Grande Bretagne et le monde anglo-saxon, m’a offert le livre de Philippe Alexandre et Béatrix de l’Aunoilt.

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Que penser de cette femme?

Tout d’abord qu’elle fut une femme constamment en manque d’argent aimant pourtant les fastes et raffinements de l’aristocratie anglaise du début et milieu du 20ème siècle mais s’étant mariée au descendant désargenté de la remuante, compliquée et pas toujours sympathique famille des Malborough. Elle réussit à se faire régulièrement inviter chez les “rich and famous” tout en organisant nombreux déjeuners et dîners. En 1944, elle ne mangea que 4 fois en tête à tête avec son mari mais elle donna 75 déjeuners et dîners officiels et organisa 33 weekends de travail aux Chequers, résidence de campagne officielle des Premiers ministres britanniques.

Qu’elle fut une femme de caractère qui a soutenu sans faille son maniaco-dépressif de mari: Winston Churchill qui parlait de sa maladie comme étant son  “BLACK DOG”. Il a été dit que sa maladie très proche de la bipolarité a permis au Royaume Uni de faire face à la terrible agression allemande pendant le seconde guerre mondiale car elle lui permettait dans sa phase positive d’électriser les peuples.  A noter  cependant que Clémentine Churchill  fut attirée par un gentleman irlandais attentionné, lors d’une croisière à pseudo vocation scientifique à la recherche de dragons du Komodo. Lors de cette croisière, qui s’apparentait à une fuite, elle découvrit un peu de liberté et put oublier tous les problèmes causés par  la gentilhommière Chartwell, achat  caché par Churchill et qui se révéla  être un vrai gouffre financier, les problèmes de ses enfants, de vrais gosses de riches gâtés et constamment désargentés car faisant les mauvais choix, soit par morgue ou attirance pour les jeux d’argent ( son fils Randolph), soit par manque de lucidité ( mariages de ses filles à des prétendants inappropriés et troubles mentaux hérités de la famille: ex sa fille Sarah, comédienne médiocre,  surnommée “la Mule” et qui probablement souffrait de la même maladie que son père) . Pas étonnant que cette femme rechercha un peu de paix et de prise en charge en parcourant le monde.

Qu’elle sillonna le monde à bord de bateaux plus luxueux les uns que les autres grâce à son carnet d’adresse avec nombre de noms aristocratiques et de banquiers richissimes surtout. Seul, Stephane Bern peut, probablement,  trouver tous les liens de parenté entre les membres de cette caste. Je m’y suis perdue et ai renoncé 🙂 

Qu’elle encouragea et soutint le mouvement des Suffragettes.

Qu’elle fut présente et active lors des Blitz sur Londres, ne comptant ni son temps ni son argent quand elle en avait. Elle mit en place une collecte de fonds pour les russes touchés par les destructions massives pendant la seconde guerre mondiale et récolta £6.000.0000 pour venir en aide aux plus démunis et essayer de réduire la famine. Les britanniques répondirent présents. 

Quelle fut le pilier indestructible d’une famille particulière et difficile à gérer, à commencer par son mari à qui elle proposa de s’initier  à l’aquarelle, activité qui lui permit de calmer ses angoisses et ses épisodes de dépression absolue et le sortir, partiellement, d’un alcoolisme chronique. Churchill utilisa également des travaux de terrassement et de maçonnerie à Chartwell pour calmer ses accès de mélancolie destructrice. 

Qu’elle mit toujours un point d’honneur à être d’une très élégance, même au moment de la pire période de la 2ème guerre mondiale. Un vrai top model avant l’heure!

Qu’elle fit front à tous les malheurs qui ne lui furent pas épargnés.

Qu’elle resta, toute sa vie, attachée à son extravagant mari qui donna du fil à retordre à tout le monde.Une anecdote en dit long sur les relations qu’il entretenait avec de Gaulle. De Gaulle arrivant au 10, Downing Street trouva Churchill affublé d’un accoutrement singulier et fit part de sa stupéfaction en disant: ” je ne savais pas que c’était le carnaval de Londres”; ce à quoi Churchill répondit que “tout le monde ne peut pas être déguisé en soldat inconnu”. 

En 4ème de couverture du livre on peut lire: ” …Pour vivre avec ce monstre sacré politique (Churchill ), il fallait un tempérament d’acier.” Elle l’eut!!

« Premier couple people de l’après-guerre, pourchassé par les paparazzis, personne n’a été aussi populaire ! », affirment les auteurs

Unknown

Philippe Alexandre et Béatrix de l’Aulnoit nous ont livré avec ce livre un point de vue hagiographique que Paris Match n’aurait pas désavoué. Seul manque le choc des photos! 😉 Ce livre m’a tout simplement remis en mémoire maints épisodes du passé britannique et là est son meilleur atout à mes yeux. Entre chronique mondaine du gotha (aristocratique, anciens ou nouveaux riches au luxe tapageur) et  ses pouliches à marier, tout ceci n’est pas très reluisant finalement.

Definitely not my cup of tea!