De la flamboyance dans la critique gastronomique!

Flamboyance qui se retrouve sous la plume de Périco Légasse dans sa critique hebdomadaire proposée dans le magazine Marianne.

Je commence toujours la lecture de ce magazine par son article dans la rubrique Quelle Epoque! SAVEURS D’EN FRANCE, pages 86 et 87 dans le n°996 du 13 au 19 mai 2016.

Cette semaine, il se surpasse dans la “brasillance”, nom inexistant dans la langue française mais que l’on peut comprendre sans aucun souci. 

Et c’est parti pour le festival Périco Légassien: 

“On la croyait un peu perdue, la cuisine française, surtout dans une capitale où, à l’image du globish linguistique supplantant peu à peu le français dans le jargon câblé, le gargotish néobistronomique 🙂 remplace le pot-au-feu dans l’apéritif boboïde 🙂 . Accablée de médiocrité par la tendance yuzu fuyu version coulis de violettes, la restauration parisienne dernier cri ne sait plus à quelle mixture se vouer pour s’attirer les grasses étoiles du Guide Michelin. Et, plus Bibendum dandine du bourrelet aromatique, plus ça tapine dans la gamelle  🙂 🙂 …”

Ayant dégoté un nouveau restaurant-brasserie dans le Ventre de Paris, le si bien nommé monstre célébré par Emile Zola, Périco Légasse laisse courir sa plume. 

” La brasserie du XXIème siècle … Moderne, parce que le design s’incline devant le passé, glorieuse église Saint- Eustache où Louis XIV fit sa première communion le jour de Noël 1649. Hé, le XXIème siècle sera spirituel ou ne sera pas!…”

“Et le menu: modeste, bon, simple et pas cher:

  •  Oeuf mimosa  sublime
  • tartare de saumon cru, oignon rouge, maïs et citron confit
  • crème brûlée
  • Crevette bleue “obsiblue” aux carottes, citron vert et gingembre, douce et frétillante
  • superbe saumon label rouge d’Ecosse et pour le relever une rougaille  mangue passion qui lui taquine la dorsale”
  • etc…

” Brasserie oblige, on fréquente un peu la canaille avec le parmentier de cuisse de canard, addictif”

Là où Légasse atteint des sommets se trouve dans la conclusion à son article:

” Tout cela dégouline de classicisme à faire péter la sous ventrière des gastronomes patriotiques et républicains qui savourent de bonne foi. Et puis, histoire de se dorer un peu plus la cocarde, cette collection de souflés salés et sucrés. Au homard, sa bisque légère ou aux asperges vertes, en première option, au Cointreau-orange, à la pistache et caramel au beurre salé, au chocolat de la manufacture, pour la seconde.

Et ça rigole là-dedans, les poires se fendent et les panses se tendent, on trinque, on mâche, on contemple. Les vins coulent à flots à tous les prix de l’Alsace à Bordeaux, et les cocktails enivrants de Marjolaine Arpin déflorent les gosiers secs. Tabernacle! En Comparaison, ” La croisière s’amuse” , c’est Dialogues des carmélites. Le ventre de Paris a retrouvé le goût de vivre au Champeaux. Allez-y

 

Histoire des Halles : le ventre de Paris