Journal de campagne Verdun: L’ossuaire de Douaumont.

Mercredi 14 septembre 2016

Notre retour à L’ossuaire de Douaumont.

Lever de bonne heure et de bonne humeur, frustration de la veille un tantinet émoussée.

Mission:  tenter de retrouver les traces de l’un des grands-pères “tué à l’ennemi”. Son acte de décès indiquait qu’il était tombé dans les environs de Douaumont. 

Cette fois le lieu était ouvert et une cohorte mêlant collégiens, lycéens, anciens combattants et visiteurs arpentaient l’ossuaire et le cimetière de croix blanches.

Les murs sur lesquels sont gravés des milliers de noms ne nous livrèrent pas de message. Comment s’y retrouver? Point de Gardes d’honneur comme à Notre Dame de Lorette pour vous renseigner. Pour obtenir des infos sur la sépulture d’un soldat tué au combat, il nous a fallu descendre au sous-sol de la nécropole, dans la boutique! Je n’ai pas pu m’empêcher de ressentir un manque de respect vis à vis des familles sur les traces de leurs morts, qui, soit dit en passant, n’est pas qu’un phénomène de mode mais bel et bien une ré-appropriation personnelle de l’histoire, très éloignée des clichés habituels, une quête de la recherche de l’Humain embarqué dans une folie sans nom, faute de mots. Le besoin de comprendre comment un tel carnage a pu avoir lieu. Et quid de la responsabilité des grands de cette époque? Comment ont-ils réussi à manipuler les pauvres bougres qui allaient au casse-pipe? Tout n’est pas si simple! Je me souviens avoir entendu parler, au cours de mes études, de  La Grosse Bertha des usines Krupp à Essen, et de Renault en France? Demandez-vous toujours à qui profite  le crime. C’est toujours vrai et plus que jamais 😦

A l’ossuaire de Douaumont, informatisation oblige, les noms et sépultures sont répertoriés. Une dame, charmante au demeurant, s’est appliquée à faire les recherches par nous demandées. Le résultat ne fut pas à la hauteur de nos espérances. Le grand-père tué à l’ennemi n’a pas de sépulture répertoriée ,  enseveli  éternellement dans la terre de Lorraine ou dans l’ossuaire ( comme tant d’autres bretons menés à la Grande Boucherie par le Général Nivelle qui dit, je cite “ce que j’en ai consommé comme bretons!”).

Impossible de savoir: ” L’Ossuaire de Douaumont garde en son sein les restes non identifiés de 130 000 hommes, des soldats français et allemands, recueillis sur les champs de bataille dévastés, après 51 mois d’une guerre effroyable, afin de préserver leur souvenir.”

Et puis: “150.000 morts bretons. Un breton mobilisé sur cinq -22% contre 17% pour l’ensemble de la France- n’est pas revenu du front.” 

Des chiffres ahurissants, désespérants!

Amas de squelettes visibles à L'ossuaire de Douaumont. Des vitres on été aménagées à cet effet.
Amas de squelettes visibles au travers de vitres aménagées à cet effet.