Le cri de colère de Ken Loach.

Qui d’autre que Ken Loach, 80 printemps, pouvait faire un état des lieux acerbe, cinglant et sans concession de l’état de la société anglaise pour la majorité des sans-grades, surtout des travailleurs pauvres ou des chômeurs de la société post-industrielle, les laissés-pour-compte de la politique libérale et meurtrière de Magaret Thatcher et de toute sa ribambelle de néocons.

Ken Loach choisit de narrer le calvaire ubuesque de Daniel Blake dans la ville de Newcastle, aucun hasard à cela. Les habitants de ce port, autrefois prospère ont été complètement laissés à l’abandon. S’ils pouvaient disparaître de la surface du globe, cela arrangerait tout le monde. Ils sont considérés comme des charges, des parasites, des moins que rien.

Daniel Blake, le personnage principal de ce film, est aux prises avec une administration ” pointilleuse jusqu’à l’absurde” dans son combat pour toucher des aides qui lui sont dues. Humiliations, harcèlement, questionnaires intrusifs… rien ne lui est épargné alors qu’il souffre de graves problèmes cardiaques reconnus. “Ken Loach pointe les lacunes sciemment organisées du système social britannique et s’attache à dépeindre la déshumanisation généralisée de ses employés. Pressés par les gouvernements de réduire les déficits à tout prix, ils font preuve d’un zèle coupable en multipliant les obstacles pour réduire au maximum le montant des allocations effectivement versées.”

Cela fait écho chez moi à ce que j’ai vu récemment ( juillet 2016)  dans un hôpital britannique dans lequel je me suis rendue suite à un décès d’une amie proche. Je n’en croyais pas mes yeux et ceci dès l’entrée:

  • La qualité du bâti: construction légère datant de 1980 qui s’est progressivement décatie au fil du temps, fenêtres qui ont connu des jours meilleurs, couloirs interminables non repeints et quelque fois carrément sales.
  • Le service ( ward) en lui-même: incroyable! Il existe encore des “bays”, sorte de grandes alcôves le long d’un couloir central. J’en ai compté 6,  ouvertes à tous les regards et où étaient entassés 6 lits ; seul un rideau tiré à la hâte  procurait aux malades un tant soit peu d’intimité lors des soins.
  • Des pièces faisant face aux alcôves,  plus privatives mais d’une  exiguïté mortifère, avec  comme seul élément de confort un lavabo tout aussi étriqué, l’espace compté pour le lit et enfin un fauteuil collé là où il reste de la place. Pas de toilettes privatives, pas beaucoup d’intimité non plus, les portes restant ouvertes jour et nuit.
  • Des chariots utilisés par les soignants bloquant tout l’espace du couloir quand ce n’est pas une réunion de médecins à la porte du patient, faute d’espace. Rien de très privé dans leurs discussions. Cela m’a fait froid dans le dos! 
  • Réception des familles dans de minuscules pièces tenant plus du placard à balais qu’à autre chose!

Et cet établissement de santé est celui d’un district comptant plus de 676.000 personnes !! J’en suis sortie bouleversée, choquée et très en colère! J’ai demandé à mes amis comment le service de santé britannique en était arrivé là! La réponse vous la trouverez dans le film Moi, Daniel Blake de Ken Loach et ci-dessus en couleur orange. 

Pour nous français, nous avons toujours  grand intérêt à  regarder de très près ce qu’il se passe en Gande-Bretagne. Généralement nous suivons le mouvement avec quelque temps de retard, la Grande-Bretagne étant elle-même à la remorque de  ce qu’il se passe aux USA. L’avenir n’est pas brillant! Toutes nos élites copinant avec la finance, les banques et la caste mediaco-politique mensongère, et se désintéressant absolument du vulgum pecus! Combien de temps encore allons-nous tenir, ça finira par craquer!! 

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