Mémoires de 14/18 dans la “France périphérique” actuelle et plus!

A l’occasion du centenaire de l’armistice du 11 novembre 1918, beaucoup de villages français ont travaillé d’arrache-pied pour monter des expositions concernant la 1ère guerre mondiale. De retour de l’une d’entre elles, celle concernant mes aïeux, je me suis arrêtée longuement devant un mur couvert de  photos de jeunes gens fauchés en pleine force de l’âge. J’y ai retrouvé 2 frères de mon grand-père. 4 garçons partis à la guerre, 2 en sont revenus!!! Ils furent tous de la chair à canon sur tous les fronts en France mais aussi en Grèce du côté de Thessalonique. 

Un inventaire complet, établit , entre autre par la numérisation des fiches du Ministère de La Défense: 1, 4 millions de fiches individuelles ...  Cliquez, svp!

J’ai retrouvé tous les membres de notre famille dont les noms figuraient sur l’un des  deux monuments aux morts de la commune. Car il y a 2 monuments aux morts à Sizun, cela je l’ai appris. Querelle entre un coq et une croix: chicanes typiques de l’époque de l’après-guerre des années 1920/30. Eglise contre autorités civiles! Le monument dans l’enclos paroissial à conserver son coq 🙂 🙂

J’ai également retrouvé, disséminées, oubliées dans de vieux cartons, des photos dont plus personne ne s’inquiétait.  18 mois plus tard, avec beaucoup de ténacité et 2 visites consécutives sur les lieux de la grande boucherie, du grand carnage inutile j’ai pu reconstituer le parcours de chacun des disparus. Les archives familiales peuvent révéler des trésors mémoriels, sans compter tout ce que j’ai pu entendre tout au long de ma vie. Mon unique oncle maternel féru d’histoire avait une mémoire phénoménale. Je regrette de ne pas l’avoir assez écouté au fil des ans mais je pense avoir retenu l’essentiel. Finalement les recherches entreprises ont débouché sur une histoire familiale couvrant un peu plus d’un siècle. Malheureusement aucune garantie que nos “Millénnials” s’y intéressent mais finalement ” pas de soucis” comme ils disent, j’y ai trouvé mon compte et même plus que cela.

De l’exposition en elle-même, je retiens, outre le mur des disparus classés par année, les témoignages poignants laissés à leurs familles par les poilus la mort constamment attachée à leurs basques boueuses. Ils savaient qu’ils devaient déjouer la censure militaire et, pour ce faire, la langue bretonne était tout indiquée.

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Différents objets ayant appartenus aux soldats étaient disposés dans des vitrines dont un coupe-coupe de tirailleur sénégalais fort impressionnant et qui a dû faire des ravages dans les rangs adverses. Brrr! 

Dans un souci de transmission aux toutes jeunes générations, les instituteurs ont demandé à leurs élèves de CM1/CM2 de colorier des cartes postales d’époque et de dessiner ce qu’ils avaient retenu de cette période. Ce qu’ils ont fait de tout leur coeur apparemment.

Dans tous les cas, merci beaucoup à toutes les personnes bénévoles à l’initiative et à la réalisation de cette exposition. Le chef-lieu de canton se devait d’être présent ⭐ ⭐ ⭐

Un article paru dans la presse locale donne un chiffre effarant des poilus bretons morts lors des combats de 14/18. Tous les clichés ( qui ont la peau dure) y sont mentionnés et ceci perdure. Macron ministre de l’économie en 2014, traitait d'”illettrées” les ouvrières d’un abattoir en difficulté, abattoir situé à quelques encablures de Sizun. Ce freluquet égo-centré, omniscient vit hors sol,  si loin du terrain réel. Blessant, méprisant au possible! Les établissements Gad, conscients du manque de pratique de l’écrit avaient mis sur pied des ateliers de lecture, d’écriture et d’expression orale ( maîtrise des savoirs fondamentaux mise à mal par l’école française devenue une impitoyable gare de triage pour les plus démunis culturellement)  Nous aurons de la mémoire, nous gens de peu,  n’ayant rien en commun avec ses “premiers de cordée” si chers à notre président actuel. 

Le chiffre de morts est contesté, il serait bien plus élevé.

” A la fin de la Grande Guerre, c’est un peu de la civilisation européenne que les nations enterrent. Les gaz, les tranchées et les bombardements ont définitivement terni la foi du Vieux Continent en l’humanité. Aux survivants l’impossible oubli, aux générations suivantes le devoir de mémoire …  Pouvons-nous comprendre, nous qui avons tant de mal à penser la notion de sacrifice, ce qui a poussé ces hommes à accepter l’horreur suprême?” ( Natacha Polony)